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Fév 282013
 

Mise à jour du 8 mars : Une nouvelle mouture de ce texte avec une approche un peu plus politique a été mise en ligne ” Pour une médiation numérique replacée au coeur des politiques publiques du numérique” pour répondre à le demande, il est possible d’y apporter et affirmer votre soutien avec votre signature.

Mise à jour du 1° mars : Le séminaire du gouvernement du 28 février 2013 a donné lieu à la publication d’une feuille de route avec 18 propositions qu’il convient de mettre en résonance avec les propositions formulées dans le présent appel.

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L’Economie numérique se résume bien souvent à, d’une part, les industriels des infrastructures et d’autre part aux fournisseurs de produits et de services reposant sur ces infrastructures. Or, un troisième secteur plus silencieux accueille, forme, initie et accompagne au quotidien la population autour de ses usages numériques afin que celle-ci les comprenne, se les approprie et innove : la médiation numérique.

La médiation numérique, ce sont 5 000 Espaces Public Numériques (EPN) répartis sur tout le territoire français, portés par des associations et des collectivités qui reçoivent chaque année plusieurs millions de visites de citoyens du numérique : élèves, salariés, demandeurs d’emploi, handicapés, adolescents, parents, créateurs d’entreprise, retraités, cadres, ouvriers, consommateurs, militants, etc.

Chaque jour, les professionnels de cet “Internet accompagné” font le lien entre des technologies de plus en plus complexes et omniprésentes, et des usagers encore trop souvent perdus dans leurs pratiques du numérique, ce, malgré un taux d’équipement des foyers sans cesse croissant..

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Ce travail d’animation et de médiation a été validé par de nombreuses collectivités publiques qui ont décliné des politiques ad-hoc depuis plus de 10 ans, mais n’a été reconnu que très récemment par le ministère de l’Economie numérique lors du premier séminaire national réunissant les réseaux de la médiation numérique à Paris le 15 février. Séminaire durant lequel notre mission première de lutte contre les fractures numériques a été réaffirmée tout en démontrant qu’au-delà, c’est bien notre utilité sociale et économique, notre agilité et notre capacité d’innovation permanente avec la population qui font que notre secteur prend une place prépondérante dans la Transition numérique de la société.

Ainsi, depuis plus de 10 ans, les EPN « répondent constamment à des besoins socio-économiques et culturels nouveaux » comme l’a rappelé madame la Ministre de l’Economie numérique qui a d’ailleurs profité de ce séminaire pour solliciter le soutien des EPN dans la lutte contre le chômage des jeunes en les encourageant à participer au recrutement de  2 000 emplois d’avenir…

Mais, à l’heure où la “feuille de route gouvernementale du numérique” doit être révélée, nous tenons à alerter sur les menaces qui pèsent sur notre secteur et  insister, à travers 4 propositions, sur le caractère indispensable de l’accompagnement aux usages pour une inclusion de tous dans la société numérique.

En effet, en 10 ans, nos missions sont passées d’une logique de sensibilisation et d’accès aux outils à l’accompagnement aux usages du numérique. Loin d’être des clubs de Geeks, les EPN contribuent à la dynamique de  leurs territoires en y impulsant des projets innovants et transversaux, reposant sur la mise en production des usagers eux-mêmes. De nombreux  EPN ayant même évolué en Tiers-lieux proposant des services innovants et structurants comme le Co-working, des FabLabs, des MédiaLabs, des résidences d’artistes numériques, des lieux de participation citoyenne, etc. A la croisée du développement local et économique, de l’éducation populaire, de l’économie sociale et solidaire, de la culture, du développement durable, des services publics, etc.

Or, en parallèle, nous avons constaté un soutien politique et financier sans cesse décroissant tant au niveau national que local contrairement aux autres pans de l’Economie numérique qui ont vu leurs aides et la reconnaissance des décideurs prendre le chemin inverse !

Se pose par conséquent la question de la place et des moyens de l’action publique dans la formation et l’initiation de la population aux usages du numérique. Et bien que de nombreuses collectivités locales aient déployé leurs propres politiques d’éducation au numérique, force est de constater qu’après une première impulsion de l’Etat via la charte des Espaces Publics Numériques au début des années 2000, plus aucune politique nationale ambitieuse pour un Internet accompagné n’a depuis été réellement mise en oeuvre, malgré la création de la Délégation aux Usages de l’Internet.

Nous estimons que nous relevons, pour une large part de nos missions, d’un service public de l’Internet accompagné que personne n’incarne aujourd’hui au niveau gouvernemental. Après les incantations et les propos bienveillants, nous appelons de nos vœux une politique 2.0 de la médiation numérique.

C’est pourquoi nous proposons la mise en œuvre rapide des 4 propositions suivantes :

Proposition 1 : Inscrire la médiation numérique dans les stratégies politiques nationales et locales.

Le premier acte fort consiste à reconnaître clairement et affirmer le soutien de l’Etat vis-à-vis de notre secteur en inscrivant la médiation numérique au sein de la feuille de route numérique du gouvernement. Ainsi notre secteur pourra alors légitimement dialoguer avec les autres acteurs de l’Economie numérique et trouver place dans les instances consultatives des politiques numériques, tel que le Conseil National du Numérique.

Et au-delà, il s’agira, avec le soutien de l’Etat, d’impliquer les EPN en amont des politiques de développement local et des stratégies numériques. En effet, les EPN disposent de 4 forces utiles dans la construction de projets de territoire :

  •  une implantation sur l’ensemble de la France,
  • des milliers de professionnels du numérique,
  • des actions transversales
  • un contact quotidien avec la population.

C’est en s’appuyant sur ces forces que les élus et décideurs doivent consulter et impliquer les EPN lors de l’élaboration d’actions aussi diverses qu’un programme de lutte contre l’illettrisme, la sensibilisation au développement durable, la professionnalisation des artisans, le développement de la démocratie participative,  l’aménagement d’une ZAC, etc.

Proposition 2 : Consacrer et sanctuariser 1% des budgets d’infrastructures et de développement local aux actions de médiation numérique.

Au-delà d’une reconnaissance politique, il s’agit de mettre en place les conditions d’un soutien financier pérenne de la médiation numérique, et ce soutien passe par une décision simple, peu onéreuse et de bon sens : consacrer 1% des budgets d’infrastructure numérique et de développement local aux actions de médiation numérique. Ainsi, lorsqu’on sait que le plan Très Haut Débit pour tous repose sur un budget de près de 20 milliards d’euros sur 10 ans, cela ne représente pas moins de 200 millions d’euros pour que nos concitoyens aient une réelle place dans la société numérique. Comme le rappelait le Président de la République le 20 février : “Nous devons aussi permettre le développement des usages et là, c’est de démocratie qu’il s’agit.”

Les budgets attribués à ces actions, sont donc à considérer sur le long terme, comme étant un placement à haute rentabilité socio-économique. Ce n’est que l’humain qui garantira l’innovation économique et sociale au travers des nouveaux outils numériques, à condition qu’il les maîtrise et qu’il se les approprie. Plus nos concitoyens seront formés, accompagnés et sensibilisés aux usages du numérique, à leurs impacts sur les modes de travail et de collaboration, sur la participation citoyenne en ligne, sur les modes de consommation collaboratifs, etc. plus ils seront en mesure d’inventer de nouveaux usages, de nouveaux services et créer ainsi de la valeur et du bien vivre ensemble.

Consacrer et sanctuariser 1% des budgets d’infrastructure numérique et de développement local à l’accompagnement aux usages du numérique, c’est garantir les expérimentations et la validation de nouvelles formes d’EPN en cohérence avec les besoins de la population et les évolutions technologiques.

Proposition 3 : Mettre en œuvre un programme national de formation de la profession.

Un autre élément que nous estimons indispensable à une politique nationale de l’Internet accompagné concerne la formation des professionnels du secteur de la médiation numérique.
En effet, ceux-ci mobilisent de très nombreuses compétences au quotidien : accueil et animation de tout type de public, développement de projets, veille, développement local, mise en place de partenariats, maintenance technique, communication, lien avec les décideurs et les élus, gestion administrative, encadrement d’équipe, tutorat, etc.

Pour appuyer les évolutions en cours, les équipes de médiateurs doivent être soutenus en terme de formation afin de leur permettre d’enrichir et d’asseoir leur culture professionnelle en phase avec les besoins des publics et l’environnement numérique, participant ainsi à la reconnaissance de leur métier.

C’est pourquoi nous demandons à ce que les ministères de l’Economie numérique et de la Formation professionnelle soient à l’initiative d’un plan de formation national à destination des médiateurs numériques actuellement en poste. Un plan de formation co-construit avec les EPN  qui permettrait de bâtir les Référentiels d’Emploi, d’Activité et de Formation sur lesquels s’appuieront des logiques de filières, des chaînes d’évolution des métiers et des diplômes à la fois auprès des associations et de la fonction publique.

Proposition 4 : Structurer la représentation du secteur au niveau national.

Pour animer de façon pérenne ces propositions ambitieuses, il est nécessaire que le secteur de la médiation numérique soit soutenu par l’Etat dans sa structuration.

Cela passe dans un premier temps par la mise en place d’une coordination nationale, sous l’égide du ministère de l’Economie numérique, réunissant les réseaux associatifs et publics de l’Internet accompagné existants (Coraia, Arsenic, PiNG, ANIS, Médias-Cité, La Fonderie, etc.).

Cette coordination viendra en appui au travail de la Délégation aux Usages de l’Internet et intègrerait le réseau des Cyber-bases (initié par la Caisse des Dépôts et Consignation) ainsi que l’association nationale CRéATIF en sa qualité d’inter-réseaux.

D’ici 3 ans, avec le soutien de l’Etat, le secteur devra s’être suffisamment structuré pour réunir l’ensemble des dispositifs locaux de la médiation numérique et alimenter en réflexions et actions la stratégie numérique de l’Etat. Régulièrement les Assises de la médiation numérique permettront d’affirmer cette structuration.

La mise en œuvre rapide de ces 4 propositions, en complément des efforts consentis pour le développement des infrastructures numériques, doivent permettre à la France de réaliser sa Transition numérique en s’appuyant sur sa population. Il s’agit là d’une priorité nationale qui doit garantir une forme de justice sociale permettant l’émancipation et l’intégration de tous dans la société numérique de demain.

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Appel pour une véritable politique nationale de l’accompagnement aux usages numériques 

En savoir plus

Sep 192012
 

Le 12 et 13 septembre s’est tenue l’édition 2012 de RURALITIC “l’université d’été des territoires numériques”.

A cette occasion l’association nationale CRéATIF (dont nous faisons partie) nous a sollicité pour participer la table ronde qu’elle organisait qui s’intitulait “Les lieux de médiation, au cœur de l’appropriation numérique des territoires

Avec la diffusion du numérique dans la société, la médiation numérique est une question primordiale qui s’est élargie au-delà des lieux d’accès publics dans de multiples espaces  qui maillent le territoire rural, et s’organisent en réseaux à différentes échelles.

Appropriation des outils d’écriture multimédia, travail collaboratif, acquisition de compétences, accès aux services publics sur le web, développement de projets locaux multipartenaires, espaces de co-working, de télétravail… C’est la diversité et la richesse de ces facettes de la médiation numérique que cette session abordera à travers divers témoignages d’acteurs locaux. Avec pour enjeu la prise en compte par les élus des usages, services et innovations numériques dans les projets de territoires et d’action publique à côté des questions d’infrastructure.

6 intervenants représentaient le monde associatif, les collectivités ou les institutions:

  • Jérôme Lamache de la Région Basse Normandie, (Créatif)
  • Frédéric Dumortier de la Maison de l’Emploi et de la Cohésion Sociale de la Lozère, (Créatif)
  • Guy Pastre de CoRAIA / M@ison de Grigny(69), (Créatif)
  • Nicole Rouaire Vice Présidente de la Région Auvergne, 
  • Amélie Turet de la Délégation aux Usages de l’Internet, 
  • Emilie Berdellou de la Caisse des Dépôts
  • Anne Claire Dubreuil du Conseil général du Lot, également membre de Créatif a animé les échanges.

A cette occasion l’ensemble des intervenants ont réalisé un prezi collaboratif (ci-dessous) qui a servi de support aux interventions des uns et des autres dont l’action de CoRAIA dans le domaine de la professionnalisation et montée en compétences des animateurs.

Mar 292012
 

Get Online Week – Partagez vos événements Fête de l’Internet aussi !

Du 26 au 31 mars 2012, les acteurs de l’accompagnement au numérique sont invités partout en Europe à proposer des activités, ateliers, initiatives visant particulièrement les personnes « hors-ligne » ou dont les pratiques sont encore rares.

Cette année, la semaine européenne a été étroitement associée à la Fête de l’Internet et l’ensemble des acteurs s’étant mobilisés sur la Fête de l’Internet sont invités à intégrer le nombre de participants à leurs événements via le formulaire en ligne qui nourrit un compteur européen et une image européenne.

Durant cette semaine, il s’agit à la fois de toucher de nouveaux publics et leur permettre de découvrir les usages du numérique mais aussi de rendre visible, au niveau européen, le rôle que jouent les lieux d’accompagnement de proximité dans le développement d’une « culture numérique pour tous ».

Cette campagne se déroule à l’initiative du réseau « Telecentre Europe », réseau d’acteurs de l’accès pour tous au numérique. Elle est relayée par Créatif (membre de Telecentre Europe) et animée, dans le cadre de la Fête de l’Internet, par la Délégation aux Usages de l’Internet et l’Association Villes Internet.

Plus d’information sur le site de la campagne européenne et auprès de

Juil 242011
 

Du 19 au 21 septembre 2011 se dérouleront à Ajaccio en corse les “Assises de la médiation numérique au service des territoires et de leurs habitants”.

Cet événement, co-organisé par CRéATIF et la collectivité territoriale de Corse, reçoit le soutien et les contributions de différents acteurs et réseaux nationaux, régionaux et locaux.

Pourquoi de telles assises ?

Parce que les pratiques numériques sont devenues essentielles dans la façon de mener nos vies relationnelles, culturelles, de développer nos activités professionnelles, militantes, de vivre nos apprentissages, nos loisirs, de s’engager socialement, d’organiser nos vies quotidiennes, d’exercer et faire évoluer nos droits, de contribuer à des projets collectifs, de gérer notre rapport au temps, aux énergies, aux espaces

Ces pratiques numériques socialisées émergent et l’accompagnement de leur développement relève nécessairement d’un projet politique, projet qui doit évidemment interroger notre rapport au monde.

Force est de constater que nous ne sommes pas égaux dans nos pratiques liées au numériques : écarts générationnels, de revenus, de qualification, d’accès aux équipements, d’usages… Les capacités d’accès, d’appropriation, de contribution et de participation ne sont pas les mêmes pour tous !

 Face à ces écarts et au regard des évolutions de ces dernières années, il convient de se (re)questionner sur le sens que doit prendre « l’accès pour tous au numérique » dont les EPN sont un fer de lance ?

Les assises et leur préparation ouvrent donc un vaste chantier coopératif qui se poursuivra au delà du rendez-vous d’Ajaccio sur les différents territoires avec l’objectif de finaliser un livre blanc, “boussole” de la médiation numérique.

La présentation complète du projet de la rencontre (sur le site officiel des Assises) : http://assmednum.corse.fr/

Les membres de CoRAIA et leurs partenaires se mobilisent

La mobilisation se traduit de différentes façons suivant les réseaux et les territoires :

Construction d’une contribution des acteurs de la médiation numérique

Comme avait été annoncé (et fait depuis) lors de la rencontre régionale d’Andrézieux une séance de travail par groupe thématique “spéciale Assises” a permis de récolter d’ores et déjà du contenu en vue de la formalisation d’une contribution des acteurs rhône-alpins de la médiation numérique.
Le chantier est en cours sur le wiki de la coordination : http://mediawiki.coraia.org/

Participation au comité de pilotage  des Assises

CoRAIA participe à ce CoPil d’organisation via l’implication des têtes de réseau (et membres de CRéATIF)que sont  le Pôle Numérique de la Drôme, et la m@ison de Grigny(69).
A souligner également la présence active de l’association lyonnaise Fréquence Ecoles.

Préparation des thématiques

Le CoPil a sélectionné 6 thématiques qui sont censées interpeller dans leurs complémentarités le champ de la médiation numérique et ses acteurs.
L’ animation globale de chacune de ses thématiques a été confiée à deux référents issus de territoire différents.
Parmis ces référents certains sont des acteurs de notre région :

  1. Culture et patrimoine  : Pauline Reboul (Fréquence Ecoles – Rhône)
  2. E administration
  3. Innovation sociale : Yoann Duriaux (Zoomacom – Loire)
  4. Fossés numériques
  5. Expression citoyenne : Garlann Nizon (Pôle Numérique – Drôme)
  6. Formation et éducation : Guy Pastre (m@ison de Grigny(69) – Rhône